mercredi 3 août 2016

Sélection bibliovore - ces livres qui nous parlent de l’amour de la littérature

En bonne bibliovore que je suis, et après avoir lu Aux petits mots les grands remèdes de Michaël Uras, j’ai eu envie de vous concocter un article un peu particulier. Un article qui parlera bien sûr de littérature mais surtout de la littérature contemporaine qui nous parle de livres, de librairie ...


Voici une petite sélection pour vous donner envie de voyager à travers les mots.



«Aux petits mots les grands remèdes de Michaël Uras« 
Parution le 30 août chez Préludes

"Je ne souhaite posséder que des livres. Il me faudrait un bout de terre où je pourrais les disposer tout autour de moi. Des centaines de livres. Des milliers de livres à gauche, à droite, devant, derrière, au‑dessus, en dessous. Et moi au centre. Ce serait une belle maison. Sans câbles. Sans interrupteurs. Sans faïence. Une maison faite de mots."

L'une de mes dernières lectures en date dont vous pouvez retrouver la chronique ici.

Le leitmotiv de ce roman ? La bibliothérapie
Alex est un jeune homme qui soigne ses patients grâce à la littérature car dans bien des ouvrages se cachent un sens profond qui peut raisonner en chacun d’entre nous si nous l’adaptons à notre propre vie.
Notre héros passionné par les livres, a choisi d’exercer le métier peu commun de bibliothérapeute. Sa mission : soigner les maux de ses patients en leur prescrivant des lectures. Yann, l’adolescent fragile qui s’est fermé au monde ; le cynique Robert, étouffé par son travail et qui ne sait plus comment parler à sa femme ; Anthony, la star de football refusant de s’avouer certaines de ses passions... Tous consultent Alex. Mais qui donnera des conseils au bibliothérapeute lui-même ?
La clé du bonheur se trouve-t-elle vraiment entre les lignes de ses livres chéris ?

En convoquant les auteurs qui ont compté, Michaël Uras propose, sous une plume vive et légère, une histoire revigorante et inspirante, pleine d’humour et d’esprit, qui rend hommage aux mots, ceux des autres, ou ceux que chante notre petite musique intérieure.


«La libraire de Pénélope Fitzgerald«
Paru aux éditions La Table ronde, collection Petit quai Voltaire

La libraire ou encore L'affaire Lolita (autre nom donné à ce livre), un roman qui a rejoint ma PAL il y a peu grâce aux éditions La table ronde et que j’ai hâte de découvrir.

"- Les gens ne veulent-ils pas acheter de livres à Hardborough ?
- Ils ont perdu le goût de tout ce qui est rare."

Florence est une jeune femme veuve qui décide d’ouvrir une librairie dans la petite bourgade de Hardborough en Angleterre. Réjouissante nouvelle ? Pas vraiment car cela va déplaire aux villageois qui ne voient pas d’un bon œil ce chamboulement…

Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l’East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d’y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l'enfer feutré des médisances. Puis l’ostracisme féroce d’une partie de la population. Surtout lorsqu’elle s’avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s’affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.


«La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald« 
Paru en poche aux éditions J'ai lu

Et si nous partions pour la Suède avec ce best-seller qui ne cesse de faire parler de lui. Une petite douceur à emmener dans son sac, à la plage, dans son canapé, bref partout.

"Il y a toujours un lecteur pour chaque livre. Et un livre pour chaque lecteur."

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. 
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. 
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…


«L’éveil de Mademoiselle Prim de  Natalia Sanmartin Fenollera« 
Paru en poche chez Pocket

" - Eh bien, d'une certaine façon, nous sommes tous ce que nous lisons. 
- Pardon ?
- Je dis que nous sommes, en quelque sorte, le fruit de nos lectures."

Certes ma lecture de ce roman fut quelque peu mitigée mais les goûts et les couleurs … Alors je vous en parle quand même car en matière de livre qui parle de livres L’éveil de Mademoiselle Prim a tout pour remplir la mission. 

Mlle Prim, jeune et célibataire débarque dans la petite bourgade de Saint-Irénée, pour y exercer un métier de bibliothécaire personnel pour « l’homme au fauteuil ». 
Elle va bien vite découvrir que ce petit village ne fonctionne pas comme le monde "moderne" auquel elle appartient ni même la mentalité de ces habitants qui affirment haut et fort ne pas s’y retrouver.

L’auteur ne lésine pas sur les références culturelles et littéraires, au programme : des analyses autour de Jane Austen, Edgar Allan Poe, Virgile, Rabelais et j’en passe.

Si vous souhaitez en savoir plus, retrouvez ma chronique ici 

Cherche esprit féminin détaché du monde. Capable d'exercer fonction de bibliothécaire pour un gentleman et ses livres. Pouvant cohabiter avec chiens et enfants. De préférence sans expérience professionnelle. Titulaires de diplômes d'enseignement supérieur s'abstenir." Mademoiselle Prim ne répondait qu'en partie à ce profil : bardée de diplômes et sans aucune expérience des enfants et des chiens. Elle est engagée et, après quelques heurts avec son employeur, un homme aussi intelligent et cultivé que peu délicat, elle découvre le style de vie et les secrets des habitants de Saint Irénée d'Arnois. Mademoiselle Prim tombe très vite sous le charme de ce village hors normes où les voisins s'adonnent à leur passion et où l'intérêt de la communauté prédomine. Pour eux le temps n'a pas d'importance et la littérature ne sert qu'à s'épanouir. L'Eveil de mademoiselle Prim nous invite à un voyage inoubliable à la recherche d'un paradis perdu révélant toute la splendeur des choses simples de la vie.


«L’ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle« 
Paru en poche aux éditions 10-18

Bonne humeur et critique du monde médiatique sont à l’honneur dans ce roman. Bourré d’humour cette fable est parfaite pour se détendre et se prélasser dans son jardin, au bord d’une piscine ou même dans son canapé fétiche qui a la forme de nos fesses tant on y passe du temps dessus à bouquiner.

"Ce que je crois avoir détecté, confia [le professeur Ramsbotham] à l'ours à voix basse, c'est la naissance d'un nouveau type de lecteur. Simple dans ses goûts. Lassé de la narration conventionnelle et à la recherche d'oeuvres au contenu visuel fort. Je crois que nous allons assister à la fin du roman traditionnel et de son obsession nombriliste. Qu'en pensez-vous ?
- De la crème fouettée, fit l'ours, tout en en versant une louche sur une tranche de tarte à la noix de pécan.
- C'est exactement ce que je veux dire ! s'exclama Ramsbothan. A quoi bon battre l'expérience humaine comme on battrait de la crème pour la transformer ? Très bien formulé, Flakes."

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain. Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’oeuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

William Kotzwinkle est l’un des écrivains américains les plus comiques : il s’en donne à coeur joie dans cette parabole animalière hilarante, irrésistible satire des milieux littéraires et médiatiques.

Si vous souhaitez vous en faire une idée plus précise, je vous invite à lire la chronique de Charlitdeslivres 


«N'espérez pas vous débarrasser des livres de Umberto Eco et Jean-Claude Carrière« 
Paru chez Grasset et en version poche chez Le livre de poche

Avec cet ouvrage on rentre dans le dur, dans le vrai livre qui parle de livres. C'est un peu, la sélection atypique de cet article.

"Il y a deux sortes de livres, celui que l'auteur écrit et celui dont le lecteur prend possession."

Paru en 2009, cet essai est une petite pépite bourrée d’humour également. Deux écrivains bibliophiles s’interrogent sur l’avenir du livre à l’ère du numérique. 
J’entends souvent dans mon métier « non le papier n’est pas mort » et effectivement je pense qu’il a encore de beaux jours devant lui. 

Umberto Eco et Jean-Claude Carrière nous font ainsi parcourir 5 000 ans d’histoire du livre.

"Le but ce n'est pas de voir à tout prix ou de lire à tout prix, mais de savoir que faire de cette activité et comment en tirer une nourriture substantielle et durable."

Le gai savoir : rarement l'expression nietzschéenne se sera aussi bien appliquée qu'à ce livre... sur les livres ! Du papyrus au fichier électronique, nous traversons 5000 ans d'histoire du livre à travers une discussion à la fois érudite et humoristique, savante et subjective, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse.
On y parcourt les temps et les lieux, les personnes réelles s'y mêlent aux personnages de fiction, on y fait l'éloge de la bêtise, on y analyse la passion du collectionneur, les raisons pour lesquelles telle époque engendre des chefs-d'œuvre, la manière dont fonctionnent la mémoire et le classement d'une bibliothèque. On y explique pourquoi "les poules ont mis un siècle pour apprendre à ne pas traverser la route" ou comment "notre connaissance du passé est due à des crétins, des imbéciles ou des adversaires".
Bref, on s'y amuse de la "furia littéraire" de 2 passionnés qui nous entraînent dans leur folle farandole dont chaque tour surprend, distrait, enseigne. En ces temps d'obscurantisme galopant, c'est peut-être le plus bel hommage qui se puisse imaginer à la culture de l'esprit, et l'antidote le plus efficace au désenchantement.


«De quelques amoureux des livres de Philippe Claudel«
Paru chez Finitude

"Quant à moi, je vais mon chemin, hésitant toujours à poursuivre le fil des récits, qui sont mes amis chers et sans visage. Je ne suis rien qu'un faiseur de fumée, et je ne vis qu'un peu, qu'un tout petit peu, non pas par moi-même, mais dans l'âme de celles et ceux qui me donnent leur amour et leur estime. Mon continent est si petit. Je résonne comme une mélodie dans l'espace des autres qui me font la grâce de me considérer et de m'aimer. Je suis venu, je flotte. J'assemble les mots comme les osselets avec lesquels j'aimais tant jouer enfant, dans la descente du garage, par les jours d'été."


Pour terminer cette sélection en beauté, je vous propose de découvrir ce recueil de Philippe Claudel qui porte bien son nom et qui met en lumières les ratés littéraires de ce monde.

Il y a tant de raisons possibles pour qu’un livre ne voie jamais le jour, qu’il semble quasi miraculeux qu’un beau matin quelqu’un ait pris la plume et soit parvenu à en écrire un.

Avec une délicieuse fantaisie, Philippe Claudel passe en revue une litanie d’écrivains en devenir, de malheureuses victimes de la littérature, soumises à de pathétiques aléas, à des imprévus aussi cocasses que farfelus.

Si vous souhaitez découvrir quelques pages je vous invite à cliquer ici


4 commentaires:

  1. Ils ont l'air chouette tous ces bouquins ! Par contre J'ai lu " la bibliothèque des coeurs cabossés" et j'avoue que je n'ai pas adhérer du tout ! Par contre " le libraire" me tente beaucoup !

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  2. "La libraire" fera partie d'une de mes prochaines lectures d'ici la fin d'année en tout cas. J'avoue avoir une certaine appréhension pour "la bibliothèque des coeurs cabossés" tant j'en ai entendu parlé. C'est souvent le genre de roman qui peut me freiner de part sa notoriété.

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  3. Alors, j'ai détesté "La biblio des coeurs cabossé, je l'ai trouvé plat et cucul et, surtout, nul au point de vue de l'écriture ... Et "La libraire" est sur ma table de nuit, je l'ai commencé hier soir ! Un peu peur que ce soit trop "froid" et formel ...

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    1. Oh bah j'entends souvent cela concernant "La bibliothèque des cœurs cabossés" du coup je pense pas le mettre sur ma liste.
      Je n'ai pas encore ouvert "La libraire" mais c'est effectivement les échos que j'en ai eu, affaire à suivre. N'hésites pas à m'avertir lorsque tu l'auras terminé que j'aille voir ton avis :)

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