dimanche 23 avril 2017

Atelier d'écriture #264 de Bric à Book | Introspection libératrice

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

Felix Russell-Saw
© Felix Russell-Saw

Sur les routes, les nationales et les sentiers, j’ai roulé. Des kilomètres durant sans détours, ni chemins tracés. Des terres d’Afrique aux Amériques, j’ai sillonné toutes les vallées en oubliant d’où je venais. 
Suivant la lune qui dérivait, au gré des étoiles qui s’alignaient, j’ai oublié jusqu’à mon passé. 
Puisque l’avenir est délivrance, sur ces routes alambiquées j’ai déversé le fardeau des souvenirs. Tout délaisser, abandonner jusqu’aux parfums de mon enfance.

En solitaire, sous les ciels d’hivers ou les flambeaux d’été, chasser de mes pensées pouvoir, soumission et religion comme plaie ouverte de mon errance. 
J’ai déserté les flammes, la guerre, les paysages où les matins tombaient en ruine comme les maisons. 
Des terres brûlées aux rêves consumés, tirer un trait sur ce vacarme et nos amours dépossédés. 

Tant de nuits j’ai rêvé au silence, aux étendus naissantes et grandissantes où peu d’âmes vivent et surtout pas la tienne.  
A la lisière des montagnes, à travers les déserts, à la cime des vagues qui s’élancent j’ai effacé jusqu’à ton visage.
Dans les grains de sable, le vent des forêts, les vagues échouées, j’ai retrouvé les pas perdus des voyageurs.

Je me suis nourri des paysages qui défilaient, oubliant les heures laissées aux vents et aux mirages pour quelques instants de bonheur.
Les aubes levées de toutes mes rages, j’ai rencontré mes essentiels : mon âme et ma liberté.
Tandis que tremble le crépuscule, j’écume les nuits en somnambule. Seul, en paix, libéré de toute étreinte.

© Amandine - L'ivresse littéraire

mercredi 19 avril 2017

Marguerite de Jacky Durand : liberté et indépendance d’une femme durant l’occupation

Jacky Durand
Paru en janvier 2017 aux éditions Carnets du Nord
240 pages

Double découverte, en plus d'un premier roman, je découvre une maison d'édition grâce aux 68 premières fois (elles sont vraiment formidables ces fées). Véritable hymne à la liberté pendant l’occupation, Jacky Durand et Carnets Nord nous offre un portrait de femme empreint d’une force incroyable.


« Marguerite descend de l’estrade par une petite échelle de bois, sa main droite serrant le haut de sa robe sous son menton. De profil, elle ressemble à l’un de ces grands oiseaux charognards qui ont le cou et la tête déplumés.
Pour la photo, on la fait mettre à genoux à l’avant d’une rangée d’hommes, plutôt jeunes, dont certains portent cartouchières et fusils. Ils sourient, insouciants comme des conscrits avant les classes. Un morceau de carton passe de main en main provoquant l’hilarité. On le place bien en vue devant les deux femmes afin qu’on puisse y lire les mots de « collaboratrices horizontales » peints en blanc. »

dimanche 16 avril 2017

Atelier d'écriture #263 de Bric à Book | Joyeux brouhaha

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

© Fred Hedin

Brouhaha de fumée, le temps s’égare. Ici est l’endroit où je fuis, dans ce café des délices. J’observe le monde qui s’agite, je m’en inspire. Syllabes détachées à l’atmosphère assoiffée. Les habitués s’y rejoignent et rient avec un rire trouble qui résonne dans ma tête. J’entends les pièces qui tintent, roulent, lourdes, jetées sur le comptoir, arrêtées par une main. 
Je m’installe à cette table au centre de ce joyeux brouhaha enveloppé de vie et commande un verre de rouge. Je balaye la pièce. Certains ont le regard effacé, l’esprit embué de trop de rosé. A quoi rêvent-ils ? 

mardi 11 avril 2017

Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique de Jon Monnard : coup de cœur pour un premier roman singulier

Jon Monnard
Paru aux éditions L'âge d'Homme en mars 2017
170 pages

Observer ce titre énigmatique, cette couverture intrigante et stellaire, cette mention de préface par Philippe Besson. L’ouvrir et découvrir en préambule deux citations extraites de textes de rappeurs. Une idée originale et différenciante qui nous pousse à tourner les pages pour assouvir la curiosité d’un premier roman à l’annonce prometteuse. 


mercredi 5 avril 2017

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh : la quête d’une identité et d’une vérité

Elle voulait juste marcher tout droit
Paru en février 2017 aux éditions Albin Michel
432 pages

« Parce que c’est la guerre »


Nous sommes en 1943, la guerre bat son plein, la France est sous l’occupation. Alice a cinq ans et vit à Salies-de-Béarn avec Jeanne sa nounou. Du haut de son jeune âge, des questions la tourmentent : pourquoi ne peut-elle pas aller seule chercher de l’eau au puits ? Pourquoi les policiers ont emmené Thomas ? Pourquoi sa mère n’est pas avec elle ? Où est-elle ? L’a-t-elle abandonné ? Des réponses bercées au son des « parce que c’est la guerre », « tu comprendras plus tard »

dimanche 2 avril 2017

Atelier d'écriture #261 de Bric à Book | Silhouette des ruelles

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)



Claque ses talons sur les pavés, dépravés. Silhouette des ruelles, bureau ouvert sur macadam. Regardez ses jambes, non son visage puisque voilée.

mercredi 29 mars 2017

Les oiseaux migrateurs de Clémentine V. Baron : témoignages poignants de ceux que l’on nomme « migrants »

Les oiseaux migrateurs Clémentine V. Baron
Paru aux éditions L'Harmattan en décembre 2016
168 pages

Il y a quelque temps de cela, je découvre sur les réseaux sociaux Les oiseaux migrateurs de Clémentine V. Baron paru aux éditions l’Harmattan. Je lis les articles avec intérêt, je fais quelques recherches et puis même si j’ai une montagne de livres à lire dans ma bibliothèque, je décide de me plonger dans ce recueil car j’ai envie, j’ai besoin d’aller à la rencontre de ces gens dont les médias parlent tant mais qui n’ont pas ou peu la parole pour se raconter.