dimanche 19 juin 2016

Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt : la puissance des émotions en cent pages

Paru aux éditions Albin Michel - 112 pages


Je parfais peu à peu ma connaissance de la bibliographie d’Eric-Emmanuel Schmitt et je dois dire que je passe toujours un agréable moment.


Oscar et la dame Rose ce sont les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans condamné par un cancer. C’est un récit sur l’amour de la famille, l’amour tout court car même malade on peut aimer, l’amour des amis mais surtout l’amour de la vie.



L’auteur nous emmène dans un univers enfantin mais tellement adulte à la fois. 
Oscar a dix ans et est atteint d’une leucémie. Il vit à l’hôpital à cause de sa maladie, ses parents viennent lui rendre visite le plus souvent possible. Mais ce n’est pas parce qu’il est malade qu’il n’a pas d’amis. Ses copains Bacon, Einstein ou encore Pop Corn sont eux aussi des patients mais ils sont toujours présents les uns pour les autres.

Oscar a conscience de sa maladie, loin d’être bête, il comprend le regard désolé du médecin, des infirmières, et de ses parents. Il sait que ça ne va pas aller en s’arrangeant. Mais pourquoi personne n’ose lui dire ?

« Faut pas tirer une tête pareille, docteur Düsselsorf. Ecoutez, je vais vous parler franchement parce que moi, j'ai toujours été très correct sur le plan médicament et vous, vous avez été impeccable sur le plan maladie. Arrêtez les airs coupables. Ce n'est pas votre faute si vous êtes obligé d'annoncer les mauvaises nouvelles aux gens, des maladies aux noms latins et des guérisons impossibles. Faut vous détendre. Vous décontracter. Vous n'êtes pas Dieu le Père. Ce n'est pas vous qui commandez à la nature. Vous êtes juste réparateur. »

Et bien sûr, Oscar ne croit pas en Dieu, si Dieu existe pourquoi serait-il malade ? Pourtant Mamie-Rose, une dame qui vient rendre visite aux enfants malades, l’incite à écrire à Dieu pour qu’il se sente moins seul. Un lien très fort les unis tous les deux, si bien qu’il finit par accepter. 

On suit donc la vie du petit Oscar en accélérer, on le voit grandir, tomber amoureux de la jolie Peggy Blue, se marier, s’échapper pour rejoindre Mamie-Rose et finir par croire en Dieu qui est le seul à pouvoir le réveiller de son sommeil profond...  


Mon avis

Je pense que c’est un livre qui a été lu par un grand, très grand nombre de personnes et j’arrive probablement après tout le monde mais j’avais vraiment envie de rédiger une chronique sur ce roman tant son effet fut puissant.

« Si je m'intéresse à ce que pensent les cons, je n'aurai plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents. »

Cent pages composent ce conte, cent pages d’une intensité incroyable, cent pages remplies d’amour. Eric-Emmanuel Schmitt réussit une fois de plus à émouvoir au rire et aux larmes le lecteur. J’ai rarement vu transpirer autant d’émotions dans un livre qui plus est en si peu de pages : courage, espoir, souffrance, amour le tout mis en mot avec beaucoup de poésie et d’humour.

L’auteur a ce don pour aborder les thématiques les plus difficiles, comme la mort, avec énormément de finesse et sans tomber dans le mélo-patho.

« Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. »

Un conte à lire et à relire tout au long de sa vie.


Pour aller plus loin

Ce que dit l'éditeur
Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la « dame rose » qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende.


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