La fenêtre - Caroline Drouet

Caroline Drouet
Lu en version numérique - Edilivre - 104 pages

Parce qu’il y a aussi des auteurs à la notoriété moindre et qui méritent pourtant d’être lus car synonyme de belles découvertes. C’est le cas avec le roman de Caroline Drouet intitulé La fenêtre paru chez Edilivre.


4ème de couverture
 « Elle n’avait vu la mer qu’une fois, en hiver, et avait fait le serment de ne plus jamais y retourner. Cette immense flaque grise qui, avec quelques vagues, tentait inlassablement de s’accrocher à la plage puis se retirait pour revenir à nouveau échouer lamentablement sur le sable froid était pour Éva une vision d’horreur. Elle voyait en ces vagues à l’écume blanchâtre, de pauvres âmes qui s’accrochaient à de la poussière mouillée pour ne pas se noyer et qui dans un dernier râle disparaissaient pour laisser la place à d’autres désespérées. La Manche n’était pour Éva qu’un marécage suffocant. »

Au début des années folles, un huis clos, étouffant, asphyxiant et hypnotique se déroule. Il est question de lutte, un combat radical entre la vie et l'héroïne.


Mon avis
Je suis exigeante sur les livres que je lis en général, surtout lorsqu’il s’agit d’auteurs de renom. Après avoir été contactée par Caroline, je ne vous cache pas mon appréhension : « et si je n’accroche pas ? ». C’est toujours délicat de dire à quelqu’un de plus « proche » que l’on n’aime pas et pourquoi, mais cela fait partie du rôle d’une chroniqueuse littéraire. Alors je me lance dans la lecture de son e-book.


Éva est une jeune femme d'une vingtaine d'années, qui a quitté Paris pour la Normandie après avoir épousé un homme qu’elle n’aime pas, en tout cas pas d’amour. Dès le début de la lecture on est mis au parfum : Éva est habitée par un mal-être chronique, un mal de vivre constant. Pourtant mariée à un homme prêt à tout pour elle, rien n’y fait, elle est aigrie de tout et la moindre tendresse de son mari suffit à lui provoquer une colère hystérique. 

Cette particularité, m’a dès le début, donné envie de comprendre ce qui se passait dans la tête de cette jeune femme. Paradoxalement, j’ai trouvé l’héroïne molle et sans saveurs. L’envie de la secouer à presque chaque page était très tentant… On a envie de lui hurler "mais prends-toi en main !".

« […] le temps, lui, souffle, sans jamais s’interrompre, il ne connaît ni la sécheresse, ni la faim, ni la fatigue, ni la mort, il est infini et pourtant tellement proche, abstrait mais bien réel, il est invisible alors qu’il transforme et change tout à tout instant. De la naissance jusqu’à la mort, il se promène en nous et chaque seconde est irréversible. »

L’héroïne mène donc une existence bien fade, jusqu’au jour où son mari va s’associer à un certain Charles. Un homme beau, mystérieux, qu’Éva n’apprécie guère mais qui l’obsède. Charles cherchera par tous les moyens à se rapprocher d’Éva. A partir de ce moment-là je me suis dit que toute cette histoire aller se terminer en adultère malsain mais pas du tout ! Et si Charles n’était pas celui qu’il prétend être ? Et s’il était un homme bien plus sombre ?
Éva va alors devenir une autre femme, ou plutôt une véritable femme mais l’embellie ne sera que de courte durée…

Ce roman fut pour moi une très belle découverte, j’y ai d’ailleurs retrouvé quelques notes du roman Le voisin de Tatiana de Rosnay. 

Je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé l’histoire longue à démarrer, je pense que l’auteure a souhaité mettre l’accent sur la personnalité d’Éva, pour tenter de s’approprier sa façon de penser. Mais une fois l’action mise en route, je n’ai pas été déçue. Composé d’une centaine de pages, ce roman tient ses promesses et nous maintient en haleine jusqu’à la dernière page.

Caroline Drouet a un style simple mais efficace. Les descriptions qu’elle apporte à son récit sont emplies d’une certaine poésie. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la fin du roman ne ressemble vraiment pas à ce que nous avons l’habitude de lire… 

« Une mer rose et blanche de délicatesse et de tendresse était à ses pieds. »

Pour conclure, je ne peux que vous recommander ce roman écrit par une jeune auteure talentueuse.


Pour aller plus loin

J’ai eu envie de vous présenter plus en détail Caroline Drouet et son parcours. Elle a gentiment accepté de répondre à quelques questions.

Qui est Caroline Drouet ?
Je suis originaire de Lyon mais je vis désormais plus au Sud, j’ai 29 ans et je suis mariée.
Après avoir obtenu mon baccalauréat littéraire, je suis entrée dans une fac de lettres puis j’ai tout abandonné car je souhaitais par-dessus tout écrire.
Mon mari m’a soutenu et je me suis lancée, sans aucune connaissance sur la construction d’un roman. Mais c’était viscéral, il fallait que j’écrive.
Je suis d’ailleurs en train d’écrire mon second roman et un recueil de poésie.

Quels sont les auteurs qui t’ont marquée ?
Fascinée par la beauté des mots, je suis une grande fan de Racine, Victor Hugo ou encore Shakespeare.

Qu’est ce qui t’a donné envie d’écrire et comment l’histoire t’est-elle venue ?
C’est en moi, les phrases tournaient dans ma tête. Finalement, c’est l’écriture qui est venue à moi et non le contraire. 
Pour l’histoire du roman, tout s’est fait au fur et à mesure. J’avais l’ambiance en tête et l’histoire a découlé d’elle-même une fois les personnages vivants.

As-tu des habitudes lorsque tu écris ?
J’écris la nuit, dans le silence. Seule. Il faut que je sois seule.

Tu m’as indiqué que tu étais en pleine écriture d’un nouveau roman, peux-tu nous donner un indice ou est-ce encore top secret ?
Mon prochain roman, plus dynamique, tournera autour du courage et non de la douleur. C’est le prix de la liberté sur un fond de guerre 39-45.


Si vous souhaitez lire le premier roman de Caroline Drouet, rendez-vous ici


© Amandine

Commentaires

  1. Chronique très développée. Merci pour la découverte ��

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  2. Excellente lecture, je recommande "La Fenetre" si vous etes amoureux de belle litterature!

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  3. Pour un roman aussi court, c'est un peu dommage que l'histoire mette longtemps à s'installer. Du coup, je ne sais pas trop, même si ce que tu en dis donne plutôt envie.

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