dimanche 28 février 2016

La fête de l'insignifiance - Milan Kundera

Paru aux éditions Gallimard en 2014
et chez Folio en 2015 - 125 pages

Je me baladais dans les rayons de la librairie lorsque mes yeux se sont arrêtés sur cette couverture et ce titre pour le moins surprenant. Un auteur très connu, mais que je n’ai jamais lu. La 4ème de couverture m’a conforté dans l’idée de corriger mon ignorance.




4ème de couverture
Jeter une lumière sur les problèmes les plus sérieux et en même temps ne pas prononcer une seule phrase sérieuse, être fasciné par la réalité du monde contemporain et en même temps éviter tout réalisme, voilà La fête de l’insignifiance. Drôle de rire inspiré par notre époque qui est comique parce qu’elle a perdu tout sens de l’humour.






Un livre court composé de 125 pages, hélas quelle ne fut pas ma déception … Après avoir refermé ce petit livre je me suis interrogée sur le but de l’auteur … Je pense que je suis complètement passée à côté de ce roman ou alors je fais peut-être partie de ces fameuses personnes qui ont perdu tout sens de l’humour…

Quatre hommes, quatre héros, comme le décrit Milan Kundera, qui se croisent et s’entrecroisent par leur lien d’amitié :
*Alain, abandonné par sa mère, se pose la question de cette nouvelle mode et du nouveau pouvoir érotique qui passe par le nombril. Il entend sa mère lui parler et lui expliquer pourquoi elle ne voulait pas de lui. Lui qui aujourd'hui fait partie de ces personnes qui s’excusent à tout va.

*Ramon, lui a très envie de voir l’exposition Chagall mais il y renonce chaque fois qu’il voit la file d’attente devant le musée. Il part donc se balader dans le jardin du Luxembourg au milieu de ses grandes statues.

*Il y a Charles, organisateur de cocktails, qui rêve de monter un théâtre de marionnettes, sa pièce serait clôturée sur l’arrivée d’un ange. Il embauche lors d’une fête un ami, acteur et chômeur, qui s’amusera à se faire passer pour un pakistanais en créant de toute pièce une langue bien à lui.

*Et puis il y a D’Ardelo, un homme vaniteux et peu apprécié qui vient d’apprendre qu’il échappe à un cancer mais bien sûr pour se faire remarquer il prétendra être condamné.

« L'insignifiance, mon ami, c'est l'essence de l'existence. Elle est avec nous partout et toujours. Elle est présente même là où personne ne veut la voir : dans les horreurs, dans les luttes sanglantes, dans les pires malheurs. Cela exige souvent du courage pour la reconnaître dans des conditions aussi dramatiques et pour l'appeler par son nom. Mais il ne s'agit pas seulement de la reconnaître, il faut l'aimer l'insignifiance, il faut apprendre à l'aimer. »

Et puis autour de cela tourne une histoire liée à Staline, qui passionne Alain, Charles et Ramon.
Une histoire de vingt-quatre perdrix qu’il aime raconter à ses hommes proches du pouvoir, et que ces hommes s’empressent de critiquer une fois qu’ils sont à la pissotière car selon Charles, ils ne comprennent pas son humour. 
Mais aussi, cette autre histoire de Staline qui malmène Kalinine (un homme qui a des fuites urinaires dû à un problème de prostate) et qui se délecte de prendre son temps lorsqu'il parle afin qu’il finisse par s’uriner dessus. Et pourtant Staline a, selon les trois amis, une affection particulière pour lui puisqu’il a donné son nom à une ville Kalininegrad sous prétexte qu’il a souffert par amour pour lui et lui a témoigné sa fidélité.

Un roman (d’ailleurs en est-ce un ?) difficile à retranscrire tant il a été flou pour moi… On ne peut pas dire que je me suis ennuyée, l’écriture est élégante, certaines phrases m’ont d’ailleurs marquées ; les références historiques et philosophiques sont très plaisantes et bien amenées mais voilà je n’ai pas vibré. Et on ne peut pas non plus reprocher à Kundera de vouloir nous faire rire ou sourire à travers des thématiques profondes et existentielles telles que notre monde contemporain, la faiblesse, la vanité et surtout l’existence. Néanmoins je n’ai pas été transportée là où l’auteur souhaitait emmener le lecteur. Je n’ai trouvé aucun sujet pour lequel rire mais peut-être suis-je trop éloignée de ce type d’humour …

** Regards croisés **
C’est un regard croisé un peu particulier que je vous propose avec cette lecture : un regard croisé entre deux blogs.
Dans la belle communauté d’Instagram, nous suivons, depuis la création de L’ivresse Littéraire, le très joli compte de @charlitdeslivres qui nous propose ses lectures éclectiques. C’est ainsi que nous nous sommes aperçues que nous avions lu toutes deux le même roman mais que nous n’en sommes pas sorties avec le même ressenti.

Puisque la littérature est aussi une affaire d’émotions propres à chacun (et c’est là sa beauté) je vous invite à découvrir sa chronique en suivant ce lien

Et vous l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? 


© Amandine

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