mardi 15 décembre 2015

Rentrée littéraire hiver 2015-2016

Nouvelle année signifie nouvelles sorties. On parle essentiellement de la rentrée littéraire de septembre, synonyme de nombreux prix littéraires mais on parle peu de la petite rentrée littéraire d’hiver comme l’aime à le dire Livres Hebdo. Même si cette année, la production a diminué elle n’en reste pas moins riche avec la parution de 476 nouveautés et de 73 premiers romans. L’ivresse littéraire a fait pour vous une petite sélection de romans français et étrangers.





Les romans français



Jean Echenoz l’auteur de je m’en vais et du poignant 14 revient avec Envoyée spéciale aux éditions de minuit. Voici l’énigmatique 4ème de couverture : 

« Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé ».


Camille Laurens publie Celle que vous croyez chez Gallimard, un roman sur l'amour au temps des réseaux sociaux. Du déjà vu ? Oui mais l’auteure connait les sentiments amoureux et la réflexion est forcement au rendez-vous.

"Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n’est pas la vôtre, hélas. C’est pourtant de ce double fictif que Christophe va tomber amoureux."



Golem de Pierre Assouline raconte l’histoire de Gustave Meyer, grand maître international d'échecs et soupçonné du meurtre de son ex-femme, décédée dans un mystérieux accident de voiture. En un instant, ce solitaire devient un fugitif partout recherché. Dissimulé sous une autre identité, isolé des siens, il est rattrapé par ses failles : l’étrange opération chirurgicale qu’il a subie à son insu et qui l’a "golémisé" en décuplant ses facultés mentales ; la relation ambiguë qu’il entretient avec l’ami qui l’a opéré; le sentiment diffus de ne plus s’appartenir et de devenir un monstre au regard de la société. 




Berlinoise de Wilfried N’Sondé aux éditions Actes Sud

30 décembre 1989, deux amis sont venus fêter le réveillon à Berlin. En pleine effervescence, visiteurs et Berlinois se rassemblent pour détruire le mur de cette ville. C’est ainsi que les deux compères vont rencontrer Maya, cette jeune femme qui ne laissera pas insensible Stan. Portés par la formidable réconciliation nationale Stan et Pascal vont décider de rester vivre à Berlin. Quand une histoire sentimentale née dans la ferveur d’une époque historique ça ne peut donner qu’un roman plein de poésie, d’apprentissage politique et de désillusion d’une jeunesse. C’est en tout cas la promesse de Berlinoise.



Qui dira la souffrance d’Aragon de Gérard Guégan aux éditions Stock

Aragon, grand écrivain de 55 ans mais également membre de parti communiste va rencontrer Mahé, 28 ans émissaire du Kominform venu à Paris pour veiller au bon déroulement d’un grand procès politique. Entre eux se noue une passion forte, impossible à afficher. Alors comment s’aimer sans se renier ?

C’est un titre qui m’a tout de suite attiré, et un pitch qui m’a complétement happé et que je vous laisse découvrir : « Entre nous, s’interroge Aragon, notre histoire, c’est quoi ? Un coup de foudre ? – La vraie question, répond Mahé, ce n’est pas de savoir si c’est un coup de foudre, la vraie question c’est de se demander s’il y aura un lendemain. J’ai envie de te répondre que oui mais, tu le sais, nous sommes des clandestins et nous sommes condamnés à le rester. » Amandine



De Ganhdi à Daech par Antoine Böhm aux éditions Don Quichotte

C’est une évidence, aujourd’hui chaque partie du monde, chaque Etat est menacé ou pire, confronté au conflit. Antoine Böhm nous raconte comment un Etat peut être déstabilisé, comment on peut prendre le pouvoir et comment le défendre. A travers une quinzaine de chapitres il retrace les erreurs, les coups d’Etat, les guérillas, le rôle des nouvelles technologies qui fragile l’Occident (avec les attaques des anonymous, communication de propagande de Daech) … Sans oublier la voie des urnes … Mais quelques soient les époques, n’est-ce pas les hommes et les foules qui acceptent de prendre part ou non à tout ceci ? Un récit qui ne laissera personne insensible et nous amènera probablement à une franche réflexion.



L’autre Joseph de Kéthévane Davrichewy aux éditions Sabine Wespieser

« Joseph Djougachvili, dit Staline, surnommé Sosso dans les premières années de sa vie, est né en Géorgie, à Gori, en 1878. Quelques années plus tard, à quelques rues de là, naissait un autre Joseph, Davrichachvili, ou Davrichewy. » Deux prénoms identiques, une ressemblance frappante… Coïncidence ? Certainement pas.
 

L’auteure nous emmène en voyage, dans les mémoires familiales de ces deux Joseph, celui qui deviendra Staline et l’autre qui rêve d’une indépendance pour la Géorgie. Un roman de formation en miroir, mais en toute simplicité et avec le naturel qu’on connaît à l’auteure. 


L'écrivain Jean d'Ormesson publiera cet hiver Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, déjà annoncé comme un gros succès commercial. Voici la quatrième de couverture. 


«Pour se défendre dans un procès qu’il s’intente à lui-même, l’auteur fait défiler au galop un passé évanoui. Il va de l’âge d’or d’un classicisme qui règne sur l’Europe à l’effondrement de ce « monde d’hier » si cher à Stefan Zweig. De Colbert, Fouquet, Bossuet ou Racine à François Mitterrand, Raymond Aron, Paul Morand et Aragon. Mais les charmes d’une vie et les tourbillons de l’histoire ne suffisent pas à l’accusé : « Vous n’imaginiez tout de même pas, que j’allais me contenter de vous débiter des souvenirs d’enfance et de jeunesse ? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu’on appelle des Mémoires ».


Les aventures d’un écrivain qui a aimé le bonheur et le plaisir en dépit de tant de malheurs cèdent peu à peu la place à un regard plus grave sur le drame qui ne cesse jamais de se jouer entre le temps et l’éternité, et qui nous emportera.
 


Mais aussi ...


Philippe Claudel publie L'arbre du pays Toraja, une réflexion sur les promesses de la vie et la place de la mort.


Sylvie Germain publie A la table des hommes, l’histoire d’un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines.



Les romans étrangers


 


Haruki Murakami revient avec Ecoute le chant du vent et Flipper,1973, ses deux premiers romans   datant de la fin des années 1970. Ils composent les deux premiers tomes de la " trilogie du Rat ».





Le très attendu Garth Risk Hallberg intitulé City on fire est un roman ambitieux, magistral, d'une incroyable intensité selon les médias américains. Voici un petit résumé :


31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu'à l'autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell's Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d'invitation. Et s'il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan. Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s'écroule dans la neige...  Qu'est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n'auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s'entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville. 




David Duchovny se met à écrire. Si ! si !Et en plus ça cartonne. véritable best seller traduit en français, oh la vache est une fable à la George Orwell. Voici un petit résumé pour vous mettre l’eau à la bouche ! 


"Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque. Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré – jusqu’au jour où elle comprend qu’elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l’abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion."


Le mariage de plaisir de Tahar Ben Jelloun sort en février. Fès dans les années 50. Amir est un commerçant prospère de la ville. Il est marié et a quatre enfants. Chaque année, il traverse le désert pour aller s'approvisionner au Sénégal. Là-bas, il retrouve une autre femme, une jeune Peule, nommée Nabou. Amir, bon croyant, afin ne pas vivre dans le pêché, a contracté pour cette union un " mariage de plaisir ", reconnu par la religion musulmane. Mais Amir, amoureux de Nabou, ne peut se satisfaire de cette relation à distance. Il propose à Nabou de s'installer avec lui au Maroc et de devenir sa deuxième femme. Le mariage de plaisir jette un regard tout à fait inédit sur le Maroc des années 50 à aujourd'hui : la survivance de l'esclavage ; les problématiques que posent les récents flux migratoires ; le racisme banal et ancestral des Marocains à la peau blanche, le racisme nouveau des classes moyennes marocaines d'aujourd'hui. Pour évoquer ces questions, aujourd'hui encore taboues au Maroc, Tahar Ben Jelloun a choisi la forme d'un roman très vivant, riche en personnages très attachants, qui traverse l'histoire de deux générations.



Avec Tetrameron, les Contes de Soledad, Jose-Carlos Somoza nous emmène au cœur d’une société occulte qui se réunit une fois l'an pour raconter des histoires énigmatiques toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Après avoir écouté les contes cruels des quatre membres, une jeune collégienne devra relater le sien, rite initiatique obligé pour entrer dans ce cercle obscur et très privé ; et quitter pour toujours les rives de l'enfance. Un hommage au Décaméron de Boccace.




Et vous, quels sont les romans qui vous attirent, ceux que vous avez lus? Dites-nous tout!


 © Emy et Amandine
 

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