Mon ciel et ma terre de Aure Atika : témoignage d’amour à une mère

Aure Atika
Paru aux éditions Fayard - 208 pages


Faut-il présenter Aure Atika, actrice, sublime, et même réalisatrice ? Oui mais pas que puisqu’elle publie chez Fayard son premier roman dédié à sa mère. 


Elle se prénomme Odette, mais elle préfère Ode. Ode, une femme libre, indépendante, assoiffée de vie. Une femme qui aime le cinéma, les hommes et sa fille Aure qu’elle élève seule, à sa façon. Car Ode est bien souvent sous l’effet de drogues diverses et variées, sauf les seringues parce que « s’introduire une aiguille dans le bras, c’est une atteinte à l’intégrité de son corps, le geste n’est pas beau, pas respectueux, et surtout, cela manque de poésie et de partage. ».
Ne vous arrêtez cependant pas au fait que sa mère aime les drogues, car aux yeux d'Aure elle est bien plus que cela. Elle est une mère. Qu'elle aimera d’un amour inconditionnel et réciproquement. Entre elles, c’est une véritable relation fusionnelle. Et même si Aure manque de repères, même si elle tient plus souvent le rôle de mère, de celle qui console des chagrins d’amour, il n’en reste pas moins qu’elle admire cette femme d’une beauté rare. 
« Nous étions deux, nous formions une équipe.
Evidemment, maintenant que ma place dans notre binôme avait été définie, je m’y conformais, je m’y confortais. Je ne serais pas celle qui fait les bêtises, je serais celle qui les répare, qui tempère, qui retient. Comme une petite fille prend soin de sa poupée ou de sa petite sœur, je prenais soin de ma mère. »
Ainsi, le titre Mon ciel et ma terre prend tout son sens sur le regard qu’Aure Atika pose sur sa mère défunte. Elle retrace à cœur ouvert les souvenirs qui la relient à sa mère, les allers et retours, les voyages, les fous-rires, les amants, les dérives aussi. Elle y dresse le portrait d’une femme complexe mais décomplexée.
L’écriture est simple, sans fioritures et l’on y ressent la sincérité de l’amour qu’elle lui portait, qu’elle lui porte encore. 

Mais voyez-vous ce qui m’ennuie, c’est que je n’ai déjà plus grand-chose à dire sur ce témoignage intimiste… Ce roman n’est pourtant pas désagréable à lire, bien sûr certaines scènes peuvent parfois nous choquer mais on comprend le besoin d’Aure Atika d’être transparente sur ce chaos qui a contribué à la naissance de la femme qu’elle est aujourd’hui. Néanmoins il m’a clairement manqué ce quelque chose pour que je sois touchée en plein cœur. De beaux passages par-ci par-là c’est indéniable mais pour moi ce récit manque de consistance. J’ai eu la sensation que l’auteure restait en surface de ses sentiments, j’aurai aimé aller plus loin dans la découverte d’Ode et dans la construction d’Aure. Peut-être est-ce une forme de pudeur. 
Malgré tout, et même si son souvenir ne sera pas impérissable,  je salue le courage qu’a eu Aure Atika d’oser coucher sur le papier cet hommage sensible fait à une mère hors du commun.


Une lecture dans le cadre de la sélection des 68 premières fois comprenant : 

La téméraire de Marine Westphal
Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet
La plume de Virginie Roels
De la bombe de Clarisse Gorokhoff
Marx et la poupée de Maryam Madjidi
Presque ensemble de Marjorie Philibert
Principe de suspension de Vanessa Bamberger
Outre-Mère de Dominique Costermans
Marguerite de Jacky Durand
Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon
Maestro de Cécile Balavoine
Nous, les passeurs de Marie Barraud
La sonate oubliée de Christiana Moreau
Le cœur à l'aiguille de Claire Gondor
La tresse de Laetitia Colombani

Commentaires

  1. Je ne sais vraiment pas si je sauterai le pas...

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    1. A toi de voir. C'est ce que je disais à d'autres personnes, je l'ai lu juste après un autre livre qui fut pour moi très fort peut-être que de ce fait celui-ci m'a semblé moins savoureux.

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