Retour sur le Prix du meilleur roman de Points - Edition 2017

Editions Points

C’est l’heure de la délibération finale pour le Prix du meilleur roman de Points 2017. Depuis décembre, nous sommes 40 lecteurs à découvrir une sélection éclectique de titres concourants au prix. Ce ne sont pas douze, comme cela était prévu au départ, mais treize romans que nous avons reçu et dont vous retrouverez les titres ci-dessous. 
Le rythme fut intense surtout dans la dernière ligne droite. On reçoit un roman de 800 pages et on se dit alors « mais comment je vais pouvoir faire pour le lire ? » (imaginez les gouttes perlées sur mon front…).

Comme Nicole, et comme je le disais aux autres participants sur un groupe privé qui nous a permis d’échanger au fil des mois, j’ai pris beaucoup de plaisir à participer à cette aventure. Les éditions Points sont vraiment aller chercher des styles, des écritures, des histoires et des auteurs totalement différents pour nous offrir un large éventail de choix. Il y en avait vraiment pour tous les goûts : du très romanesque, au roman plus sombre, en passant par les romans de vie, d’errance, de voyage mais aussi de l’humour, des brins de folie distillés dans certains d’entre eux. Personnellement, ce fut une découverte totale puisque je n’en avais lu aucun (mais repérés certains ah ça oui !). 
Une telle diversité donc qui a souvent créé débat dans le groupe. Mais quel plaisir de confronter nos avis, nos ressentis. Pour ce plaisir, je remercie sincèrement les participants et les éditions Points bien sûr. 

Voici la sélection au grand complet (je précise, le déroulé n’est pas par ordre de préférence. Mystère quant à mon choix :p). Vous pourrez en retrouver certains chroniqués sur le blog, d’autres ne le sont pas. Par manque de mots, par manque de temps. 
Si d’autres vous intéressent, je vous invite à aller voir l’article de Nicole (Mots pour mots) qui en a également chroniqués. 

Ce cœur changeant d’Agnès Desarthe : je l’avais repéré lors de sa sortie grand format, depuis, j’avais très envie de le lire. Malheureusement il ne fut pas à la hauteur de mes espérances. 
Ce livre romanesque nous dresse le portrait d’une jeune femme du XIXe siècle en quête d’émancipation. Mais Rose, l’héroïne va bien vite prendre conscience que tout n’est pas simple, que les hôtes rencontrés en chemin ne sont pas toujours des alliés.

Le donjon de Jennifer Egan : j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre, le rythme lent ne m’a pas franchement aidé. On évolue dans un univers particulier, étrange qui ne m’a pas franchement mise à l’aise et où la suggestion a une place centrale.

Je me suis tue de Mathieu Menegaux : à l’époque ce roman était le premier de l’auteur. Et quel roman ! Menegaux nous embarque avec son héroïne dans une spirale infernale où l’issue heureuse n’est pas permise. Il a cette force de vous tenir en haleine jusqu’à la dernière page, une fois entre les mains il est impossible de le lâcher. 

L’île du Point Némo de Jean-Marie Blas de Roblès : un livre très apprécié par une majorité du jury. L’auteur nous emmène vivre la grande aventure en suivant des personnages tous plus loufoques les uns que les autres pour nous parler amour de la littérature ou encore écologie.
Un pur roman d’imagination. Je pense néanmoins que trop d’imaginaire ne me correspond pas …

Manatthan People de Christopher Bollen : direction la grosse pomme ses ambitions, ses rêves c’est en tout cas ce qu’espère Joseph en s’installant à Manatthan. Mais rien ne va franchement se dérouler comme prévu. A travers ce roman et à l’aide d’une écriture précise, l’auteur dresse avec beaucoup de minutie ces rêves déchus d’artistes à en devenir et cette cruauté de la société qui les/nous entoure.

Au départ d’Atocha de Ben Lerner : un roman que beaucoup de membres n’ont pas apprécié et que je n’ai pourtant pas trouvé désagréable. Certes Ben Lerner ne nous présente pas un personnage franchement sympathique. Néanmoins, je ne suis pas certaine que ce soit le plus important. En tout cas ce qui m’a le plus marqué ce sont cette poésie d’errance et cet amour de l’art qui transpirent dans ces pages. 

Le linguiste était presque parfait de David Carkeet : une très chouette découverte qui allie humour subtil et réelles questions de fond sur le comportement humain. Le tout englobé dans un polar qui n’en est pas vraiment un et qui le rend délicieux.

Candide et Lubrique d’Adam Thirwell : difficile de qualifier ce roman alliant humour, philosophie et étalage de pensées en tout genre. C’est ce dernier côté qui pêche un peu, on a parfois tendance à se perdre dans ce trop-plein de bavardage. Malgré tout je n’ai pas su le lâcher avant la dernière page.

Purity de Jonathan Franzen : le seul roman abandonné, peut-être à tort mais qui n’a pas su m’embarquer. Et puisqu’il fait plus de 800 pages je ne me voyais pas tourner encore et encore les pages dans l’attente d’un ressenti qui ne viendrait peut-être pas. Pourtant l’histoire et la réflexion semblaient intéressantes. Je réessayerai de l’ouvrir à l’occasion.

La douleur porte un costume de plumes de Max Porter : un petit livre mais d’une grande puissance où la poésie se mêle à l’imaginaire pour combattre les maux, pour faire le deuil. La plume de Porter est unique et singulière. Ce livre, pour moi, c’est un petit diamant brut. 

Illska de Eirikur Örn Norddhal : un tel uppercut que je suis bien incapable de trouver les mots pour parler de ce roman. Illska – Le Mal traite de la 2nd guerre mondiale mais dans lequel le parallèle est créé sur ce qu’il se passe à notre époque, sur la montée des extrêmes. Un roman extrêmement sombre mais qu’il est indispensable de lire.

L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi : dois-je encore préciser que ce roman est un coup de cœur ? Un petit bijou parfait pour mettre du baume au cœur dans ces temps de morosité et d’horreur. Ce roman est tout simplement une magnifique leçon de partage et d’humanité grâce à un enfant autiste. 
D'ailleurs, s'il est absent de la photo, c'est qu'il a déjà rejoint les mains d'une lectrice pour qu'elle puisse le découvrir.

Lointaines merveilles de Chantel Acevedo : Cuba nous ouvre les portes de sa sombre Histoire à travers la voix María Sirena, une dame âgée, qui va conter à sept autres femmes son histoire, sa tragédie pour soulager son cœur mais aussi pour ne pas mourir sans avoir transmis ses mémoires.

Verdict du grand gagnant dans quelques semaines. En attendant, avec une telle sélection, certains vous tenteront sûrement pour rejoindre votre bibliothèque non ? ;-)

Commentaires

  1. J'ai hâte de savoir lequel sera gagnant !

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    1. Et moi donc !! J'ai néanmoins une petite idée du grand gagnant mais mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

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  2. J'avais beaucoup aimé le Ménegaux lors de sa sortie, un roman très fort, marquant. Je ne connais pas les autres. Faire partie d'un jury doit être une expérience vraiment géniale.

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    1. Le Menegaux est effectivement très marquant, il nous noue le ventre, nous bouscule dans notre confort, assurément.
      Quant au jury c'est vraiment une super expérience. Je te la conseille. C'est intense mais tellement riche.

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  3. Comme je l'ai dit chez Nicole, Je suis assez tentée par le livre d'Arditi que tu as ardemment défendu.

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    1. Laisse toi tenter Delphine, c'est vraiment un roman solaire. Je l'ai présenté samedi matin lors d'un petit déjeuner de lecteurs et trois personnes m'ont dit avoir envie de le découvrir et pourtant je n'ai pas vraiment été très bonne pour le retranscrire (la joie de savoir parler en public haha).

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  4. Tu nous diras qui a gagné j'espère !

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    1. Pour le moment c'est top secret mais bien sûr dès que je pourrai je vous le dirai :-)

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  5. Ça doit être une chouette expérience, et toutes ces lectures, ça devait être intensif ! D'ailleurs je te remercie à nouveau pour Je me suis tue, il est génial ! J'espère qu'il a ses chances pour le prix.

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