Et je danse aussi - Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat

anne-laure bondoux jean-claude mourlevat
Lu aux éditions Pocket - 311 pages


Je ne vous apprends rien, Et je danse aussi est un livre dont on entend beaucoup depuis plusieurs mois. Je me suis donc laissée tenter par cet engouement général. Ai-je eu raison ?


En quelques mots
Pierre-Marie, 61 ans, est un auteur de renom, récompensé par le Goncourt (rien que ça !) mais actuellement en prise avec la fameuse page blanche.
Un beau jour il reçoit un énigmatique colis envoyé par une de ces lectrices. Que contient ce paquet ? Un manuscrit ? Pierre-Marie en est persuadé.

Ainsi, il décide de contacter cette mystérieuse lectrice et lui fait part de son non-souhait de lire cet énième manuscrit reçu. Mais voilà Adeline Parmelan, grande, brune et grosse n’est pas l’écrivain en herbe qu’il pense. Et si ce colis ne contenait pas ce que Pierre-Marie pense …
Et si Adeline n’était pas celle qu’elle prétendait être ? Vont s’en suivre nombre d’échanges, par écrans interposés, entre ses deux individus que la vie va rapprocher bien malgré eux jusqu’à l’ouverture du colis qui livrera tous ses secrets.

Mon avis
Ce roman épistolaire écrit à quatre mains, léger, drôle, m’a donné envie de taper frénétiquement sur mon clavier. 

Entre mystère et séduction décalée, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat m’ont arraché un sourire à presque chaque page. J’ai ressenti sans difficulté aucune, dans ce livre, le plaisir qu’ils ont dû prendre en écrivant ce court mais non moins charmant roman.

« Mais si je devais ne vous donner qu’une seule raison d’essayer de survivre encore un peu avant de vous abandonner à ces enfoirés de requins, c’est celle-ci : je vous promets des marrades, des poilades, des bidonnades, meilleures que tous les Lexomil, Prozac et Temesta réunis, des fous rires qui vous laisseront pantelante d’avoir trop ri. »

Sans en oublier, qu’ils réussissent avec brio à nous tenir en haleine de par le mystère qui gravite autour de ce colis. Les deux auteurs nous distillent des indices tout au long de ce roman, ce qui, pour ma part, a rendu ma lecture encore plus attrayante.

Au-delà de la fraîcheur que dégage cette correspondance, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat abordent des thèmes qui fonctionnent à tous les coups : l’amour, les difficultés de la vie, la famille, le bonheur, le doute.
Paradoxalement, les deux héros entretiennent le mystère sur leur vie, se posent mille questions l’un à l’autre sans jamais y répondre clairement, comme s’ils jouaient à un jeu pour prolonger leurs échanges.

Et lorsque la lumière est faite sur cet étrange colis, l’histoire se révèle quelque peu plus sombre et triste. Les cicatrices communes émergent et la peau est faite aux non-dits et mensonges. Malgré cela, je n’ai pu lâcher ses pages dont je me suis délectée tant je souhaitais savoir comment aller se terminer toute cette histoire. 
« La matière première de l'écriture doit venir de là, non ? De ces trous de l'âme d'où s'écoulent nos souffrances. »
Pour conclure, Et je danse aussi est un roman épistolaire moderne, bourré d’humour et d’humanité dont on a du mal à lâcher les pages. Chaque minute libre est un prétexte pour grappiller une page de plus. Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat maintiennent l’intérêt du lecteur jusqu’au bout et ne tombent aucunement dans la facilité.

« […] les hommes manquent terriblement quand on n'arrive pas à ouvrir son bocal de cornichons, ou pire son pot de belle gelée de coings. »

Un roman à dévorer en écoutant en fond sonore Radiohead et en buvant un thé au citron. Une fois le roman fermé, monter le son avec Georges Brassens et ...

CHANTEZ, DANSEZ, VIVEZ !


© Amandine

Commentaires

  1. C'est un roman que j'ai dans l'ensemble aimé, même si deux trois choses m'ont chiffonné, comme le comportement de notre personnage principal vis-à-vis de la dame (je me souviens plus des noms) qui veut mettre en scène son roman. J'ai pas compris le double jeu, et la presque méchanceté. Mis à part ça, il y a de très bonnes choses.
    Je suis d'accord avec toi, chantons dansons, vivons ! Et Vive Radiohead ! (si je puis dire)

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    1. @quaidesproses je vois ce que tu veux, il est vrai que parfois le personnage de Pierre-Marie est très dur dans ces propos envers Adeline et j'ai me suis demandée : soit c'était voulu d'y placer un personnage qui a peut-être pris la grosse tête avec son prix Goncourt, soit le but était d'avoir un personnage qui dans ces accès de méchanceté voulait en fait se protéger car pas forcément bien dans sa vie.

      Tu peux le dire ! Vive Radiohead :-p

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  2. Oh comme j'ai beaucoup aimé aussi !
    J'ai le sourire rien qu'en repensant à ces échanges drôles, spontanés, plein de bons sentiments et d'espoir;

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    1. @bookinnsofa c'est vrai que c'est un livre frais, en adéquation avec notre temps et plein d'humour :-) d'ailleurs ta chronique le décrit très bien aussi :-)

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  3. Un très joli roman épistolaire. J'ai bcp aimé. ��

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